Analyse de l'une de mes dissertations
- Ophélie
- 15 avr. 2021
- 4 min de lecture
J’ai décidé de vous montrer l’une des dissertations que j’ai rédigées au Cégep et d’analyser le contenu ainsi que les fautes que mon enseignant a soulevées. Les commentaires de mon enseignant sont entre parenthèses dans le texte et les miens sont en italique. J’espère que cela vous aidera à ne pas faire les mêmes erreurs et à améliorer vos résultats!

LA REPRODUCTION DU RÉEL - Analyse du Guide des bars et pubs de Saguenay de Mathieu Arsenault
L’un des objectifs des médias depuis leur création (donne le même effet que « depuis la nuit des temps », c’est à éviter), que ce soit le dessin, le cinéma ou la photographie, est de capter le réel. Mathieu Arsenault a réfléchi à la possibilité que l’écriture soit le moyen d’accomplir cette tâche dans son œuvre Le guide des bars et pubs de Saguenay. Suite à ma lecture de l’essai qui accompagne les poèmes, j’en suis arrivée à la conclusion que capter le réel est assez difficile puisque plusieurs détails ne sont pas pris en compte dans la reproduction.
Dans l’ensemble, l’introduction est bien réussite. Le sujet amené aurait pu être mieux formulé. Le sujet posé exprime clairement la problématique de l’analyse. Cependant, le sujet divisé aurait dû être plus précis. Je ne précise pas les « détails » qui ne sont pas pris en compte.
(1) En effet (il s’agit de ma première idée principale, j’aurais dû commencer mon paragraphe par « Tout d’abord »), le réel regorge de subtilités qu’il est pratiquement impossible de capter et d’écrire : « Mes notes cherchaient plutôt la formulation la plus brève pour évoquer au mieux ce que je percevais sur le moment.[1] » Il est important ici de s’attarder au terme « au mieux » puisque l’auteur mentionne ainsi au lecteur que le réel ne peut être capté dans son entièreté. Avec l’utilisation de ce mot (cette structure alourdit la phrase, j’aurais simplement pu écrire « Ce mot »), Arsenault sous-entend qu’il n’a pas réussi à transcrire plusieurs détails, ce qui fait en sorte que sa reproduction de la scène n’est pas fidèle à l’original : « Tout ce qui relève de l’authenticité échappe à la reproduction […] [2]». Cela dit, lorsqu’on tente de capter le réel, on s’attarde au plan large, ce qui fait en sorte que les détails, comme l’étincelle d’un regard ou la subtilité d’un sourire, échappent à la reproduction et que la scène perd son unicité.
(2) De plus, le réel est davantage difficile à capter lorsque des gens sont impliqués puisqu’ils perdent leur candeur afin de contrôler leur image. Il est évident que lorsque nous savons que nous sommes filmés ou photographiés, tout change en nous, de notre posture à nos expressions faciales. Nous sommes conscients que d’autres verront ces images et nous voulons nous présenter sous notre meilleur jour : « Quand le sujet […] est conscient que son image est captée et qu’elle va circuler, il perd sa candeur et se met à résister de toutes les manières possibles. [3]» La reproduction du sujet est donc fausse puisqu’il perd son authenticité en voulant contrôler l’image que les autres verront de lui.
(3) Il ne faut pas oublier que le sujet est placé dans un cadre et que celui-ci ne peut être enlevé. Il est vrai que prendre des notes sur ce qui nous entoure, comme l’a fait Arsenault, est plus subtil que de braquer une caméra sur le sujet, mais le cadre dans lequel l’individu se trouve laisse place à une multitude de récits, tout aussi réels les uns que les autres : « Les notes qu’on prend au sujet d’inconnus sont peut-être libres de la tentation que ceux-ci pourraient ressentir de se mettre en scène, mais elles ne capturent pas pour autant un réel ordinaire libéré de toute mise en scène […] [4]». Les notes, tous comme les autres médias, ne peuvent donc pas réussir à capter les faits.
(4) L’œuvre d’Arsenault elle-même en est la preuve puisque l’auteur a senti le besoin de justifier ses poèmes avec un essai sur l’écriture pour offrir au lecteur l’expérience complète : « […] l’essai raconte ce qui manque aux poèmes, en même temps qu’il manque à l’essai cette chose qu’on n’éprouve que dans les poèmes […] [5]». Arsenault aborde dans son essai les médias, comme la photographie, le cinéma et l’écriture ainsi que des méthodes, comme le téléphone-carnet, pour justifier le fait que le réel reste impossible à capter peu importe le moyen.
Le développement est bien structuré. Chaque idée est appuyée de précisions et d’exemples. Cela dit, certains paragraphes auraient pu être développés davantage (notamment le quatrième).
Ceci étant dit (ce n’est pas un marqueur de relation pour annoncer la conclusion. « En guise de conclusion » aurait été un meilleur choix), l’objectif d’Arsenault avec Le guide des bars et pubs de Saguenay était d’essayer de capter le réel. Trop de détails doivent cependant être pris en compte, ce qui fait en sorte que, malgré ses efforts, Arsenault s’est aperçu que cet enjeu est beaucoup plus difficile qu’il ne le paraît : la reproduction ne rend jamais justice à la version originale puisqu’il y a dans le réel une authenticité que rien ne peut capter.
Le résumé de l’analyse est trop superficiel. Il aurait fallu revenir brièvement sur tous les éléments mentionnés. Il n’y a pas d’ouverture, mais la dernière phrase est tout de même percutante et résume bien l’analyse.
J'ai eu 92% pour cette dissertation. Mon enseignant a jugé que ma réflexion était bonne, mais que mon analyse manquait de profondeur et, en me relisant aujourd'hui, je suis d'accord avec lui! Si jamais cet article vous a plu, il me fera plaisir de commenter d'autres de mes dissertations.
-Signé Ophélie
[1] ARSENAULT, Mathieu, Le guide des bars et pubs de Saguenay, Le quartanier, Série QR, 2016, p. 14. [2] BENJAMIN, Walter, Œuvres tome III, Gallimard, 2001, p. 274. [3] ARSENAULT, Mathieu, Le guide des bars et pubs de Saguenay, Le quartanier, Série QR, 2016, p. 20. [4] Ibid., p. 44. [5] Ibid., p. 50.




Commentaires