Comment écrire une dissertation
- Ophélie
- 22 janv. 2021
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 janv. 2021
Une dissertation est composée de trois parties qui doivent toutes se retrouver dans le plan : l’introduction, le développement et la conclusion. Dans cet article, j’explique ces différents éléments en donnant des exemples d’une dissertation que j’ai moi-même écrite.

1) L’introduction
L’introduction peut être comparée à un entonnoir, il faut commencer par quelque chose de général et terminer avec quelque chose de précis. C’est pour cette raison que l’introduction comporte trois éléments : le sujet amené (SA), le sujet posé (SP) et le sujet divisé (SD). Le sujet amené doit être général tout en étant en lien avec un thème abordé dans l’œuvre étudiée. La plupart du temps, il s’agit d’un fait historique, du contexte entourant la rédaction de l’ouvrage, etc. Le sujet amené ne doit pas être plus long que trois phrases et il faut absolument éviter les formules clichées (la société a extrêmement changé depuis le début de l’humanité). Le sujet posé, quant à lui, est, si je peux dire, une reformulation de la question donnée. C’est le moment où la problématique de la dissertation est mentionnée. Le sujet posé fait habituellement deux à trois phrases. Finalement, les arguments (habituellement trois) explorés dans la dissertation composent le sujet divisé.
EXEMPLE
(SA) La grève d’Anzin de 1884 est l’évènement qui a permis à Émile Zola d’écrire Germinal avec autant de détails et d’exactitude. L’auteur s’est inspiré des lieux qu’il a visités, des mineurs qu’il a rencontrés et de ses échanges avec ceux-ci afin de rédiger le livre paru en 1885. (SP) Le titre de l’œuvre, évoquant la germination des idées et de la conscience ouvrière, permet, dès la page couverture, de comprendre que Zola prend la défense des mineurs dans Germinal. (SD) Cependant, afin de faire valoir son opinion, le narrateur du roman n’hésite pas à mettre l’accent sur la solidarité des mineurs qui contraste avec l’égoïsme des bourgeois. Tout au long du roman, la personne qui raconte l’histoire compare aussi les mineurs, qui travaillent dans les fosses, à des bêtes exploitées par la bourgeoisie, qui dirige la Compagnie, en plus de mettre de l’avant l’incompréhension des bourgeois face à la misère des mineurs.
2) Le développement
Le développement est la partie la plus importante d’une dissertation, il est donc important de savoir comment bien construire ses idées. C’est dans le développement que les arguments présentés dans le sujet divisé sont détaillés. Les enseignants demandent habituellement deux à trois idées principales (IP). Ces idées principales doivent être justifiées avec deux idées secondaires (IS) chacune. Les idées secondaires doivent ensuite être prouvées à l’aide d’un exemple. Chaque idée principale se termine avec une mini-conclusion (MC). Ça fait beaucoup d’éléments, j’en conviens, mais je vais essayer de démêler tout ça.
Les idées principales sont les arguments qui viennent répondre à la question/la problématique du sujet posé. Elles doivent être assez vagues puisqu’il faut pouvoir inclure deux idées secondaires. Un enseignant m’a déjà dit que les idées principales sont des thèmes universels et que les idées secondaires sont les exemples concrets présents dans l’œuvre étudiée. Tu trouveras un exemple plus bas afin de concrétiser les choses.
Les idées secondaires sont les preuves des idées principales. Elles portent donc directement sur l’œuvre. Tu dois ensuite donner un exemple de ce que tu affirmes à l’aide de passages tirés du texte. Au Cégep, tu dois habituellement utiliser une figure de style par idée secondaire comme exemple.
La mini-conclusion est un court résumé d’une phrase à la fin de chaque idée principale. C’est, en quelque sorte, une reformulation de l’idée principale.
EXEMPLE
(IP1) Tout d’abord, le narrateur n’est guère indifférent à la solidarité des mineurs qui leur permet, à plusieurs reprises, de résister aux pressions de la Compagnie, qui, de son côté, privilégie ses intérêts personnels. (IS1) En effet, malgré la misère des mineurs que la grève ne fait qu’accentuer, ceux-ci refusent de redescendre dans les fosses et d’abandonner leurs camarades : (EX) « Ce serait propre, de lâcher les camarades !... Je fais mon devoir. »[1] (p. 318) En effet, l’arrêt de travail des mineurs entraîne plusieurs conséquences néfastes pour les familles ; les hommes n’ont plus de payes, donc il est de plus en plus difficile de nourrir la maisonnée. Les familles doivent se départir de plusieurs biens afin de se permettre de manger un peu. (IS2) De plus, malgré la grève qui fait plusieurs morts et qui détruit plusieurs familles suite aux multiples affrontements des mineurs contre la bourgeoisie et les officiers, les mineurs restent fidèles à la cause et souhaitent poursuivre la grève tant qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils revendiquent. : (EX) « Écoute, le premier de vous autres qui travaille, je l’étrangle… »[2] (p. 596) Les mineurs ne veulent surtout pas donner raison à la Compagnie, abandonner leur cause et leurs camarades, passer pour des lâches et poursuivre le travail dans les fosses sans avoir obtenu de meilleures conditions de travail. (MC) La solidarité des mineurs est extrêmement importante dans Germinal et il est possible de croire qu’elle reflète la solidarité que Zola leur portait.
[1] ZOLA, Émile, Germinal, Gallimard, 1978, p. 318.
[2] Ibid., p. 596.
3) La conclusion
La conclusion est composée de deux parties, la synthèse et l’ouverture. Tu dois résumer les arguments de ta dissertation en évitant de te répéter. Cette partie est assez bien réussie par les étudiants. L’ouverture est un peu plus difficile alors voici deux possibilités :
– Explorer un autre thème dans la même œuvre.
– Explorer le même thème dans une œuvre différente.
EXEMPLE
(SYNT) En conclusion, Zola, avec Germinal, laisse entrevoir de diverses manières qu’il n’est pas indifférent à la misère que vivent les mineurs et à leurs sacrifices. D’abord, le narrateur de l’histoire insiste tout au long de l’ouvrage sur la solidarité qui unit les travailleurs et qui leur permet de poursuivre leur lutte malgré les embuches. Finalement, le narrateur perd son objectivité lorsqu’il parle de l’incompréhension des bourgeois face à la misère quotidienne des mineurs. (OUV) D’ailleurs, il pourrait être intéressant d’analyser si le caractère cru et naturaliste du roman joue un rôle important quant à la compréhension de la misère des personnages auprès du lecteur.
-Signé Ophélie




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